Ce blog se veut un espace convivial de réflexion où la liberté d'expression, pamphlétique et poétique, lucide et engagée, y est la bienvenue et la réalité spirituelle une évidence. On y trouvera des thèmes sur la Nature, l'écologie, le devenir de l'humanité et de la planète, intrinsèquement liés, et des femmes et des hommes formidables qui nous aident à nous sentir meilleurs sur cette Terre, Gaia.
Plus que jamais ce film est nécessaire, vital pour réveiller les consciences contemporaines, enfin celles qui le peuvent encore. Son succès croissant et inattendu, 2 millions d'entrées dépassées, indique que ce film est porteur de quelque chose, d'un sens qui manque certainement à nos vies actuelles contrôlées par un matérialisme apauvrissant. Nos âmes en peine ont soif d'absolu et de sacré, de fraternité et de bonté, de courage et de conviction vraie, de foi et de compassion. Ce filme émeut, touche, sensibilise, ouvre, réveille la mémoire. Il dépeint, décrit, retranscrit, revisite, avec pudeur, discrétion, respect, en touches fines, une histoire d'hommes : des moines et des villageois confrontés à des hommes perdus à la Vie, extrémistes dans la violence et le malheur de leur idéologie de mort...
Ce que je retiens de bouleversant, de lumineux dans ce film :
Lambert Wilson, qui incarne avec grand art la foi ardente et l'intelligence du coeur de Frère Christian de Chergé, qui affronte avec courage et foi le chef islamiste intégriste qui exige que le médecin du monastère, frère Luc (un Michael Longsdale magistral de simplicité et d'intériorité) se déplace pour aller soigner les terroristes blessées. Echanges de regards enflammés des deux côtés, tension émotionnelle extrême, tout peut basculer dans la folie et le carnage, mais la réponse de l'homme de paix à ce chef de guerre met fin à la folie...momentanément (hélas) : " Si, j'ai le choix". Pas de capitulation possible face à l'incohérance, au non sens, à l'absurde. Acceptation de l'autre mais pas sans le respect de l'intégrité de chacune des parties. Proposition du moine : c'est aux terroristes de conduire leurs blessés au monastère et pas à Frère Luc de se déplacer. Face à la force brutale de l'instinct tout à l'extérieur de Soi et perdu dans un monde qu'il détruit, l'assurance de l'homme sage, qui ne se laisse pas dominer par la peur même si elle est en lui et qui accueille l'autre, même s'il est tueur, et qui dégage une telle force d'esprit, que celle-ci supplante l'instinct de mort de l'autre et lui fait capituler l'âme. A tel point le chef islamiste est "saisi" qu'il tend la main, rude, soudaine, au frère Christian et que celui-ci, dans un mouvement tellement humain, hésite pris de surprise ( panique ?) et de méfiance, puis lâche prise et reçoit, prend la main de cet autre qui achève son mouvement en posant sa main sur son coeur, à l'orientale, en guise de salutation respectueuse avant de défiler. La mission du Christ pour les Chrétiens est sans doute accomplie dans cette scène, c'est la nuit de Noël en plus. Et pour les non chrétiens, il y a toute une humanité en marche, une rencontre improbable possible mais qui sauve temporairement la situation (le chef islamiste accorde ensuite sa protection au monastère), un accomplissement de l'intelligence du coeur qui l'emporte sur la violence d'une idéologie malade. Un soin a eu lieu, relationnel, spirituel, temporaire certes.... Qui a sauvé la vie des moines cette nuit là ....
Ce qui est profondément important c'est que le moine déclare, révèle à l'autre que la tentative de l'autre pour l'asservir moralement, pour l'aliéner par la force,la contrainte, la violence ne prend pas et que là ce soir là à ce moment là, il n'y avait plus que deux hommes, deux frères, un même dieu, celui de l'intériorité, de la prière, de la foi, du livre, La Parole sacrée partagée par les deux hommes ensemble : le moine commence la citation du Coran et le chef islamiste la termine.... Et une suprême liberté, celle de vivre et de mourir en demeurant au plus profond de soi en vérité avec soi-même.
A méditer longuement.
Tout le film est une longue séance de méditation en plus d'être une grande séance de cinéma. Monsieur Xavier Beauvois merci infiniment ! Reconnaissance éternelle !
Interview de lambert Wilson et extraits du film :